12.11.2006
HOTEL BRISTOL NEW YORK, N.Y.
Editions Leméac / Actes Sud 91 pages
Résumé :
L'alter ego de l'écrivain, professeur de littérature, "venu se réfugier" dans un hôtel de New York, écrit une longue lettre à son psychanalyste qui est aussi son ami. Le héros vient de s'apercevoir qu'il ressemble à son frère détesté. Un récit mince, malgré les redites, bâclé et ennuyeux.
Mon avis :
Il faut que je vous dise que j’avais soigneusement choisi mes lectures avant de partir en vacances pour ne pas être déçue.
Et bien sans le savoir, en un semaine, je viens de faire mon top 5 2006.
Là aussi c’est du pur nectar.
Plus je lis Michel Tremblay, plus je l’aime.
J’aime tout. Ses histoires, son style plein d’humour légèrement ironique, son autodérision, quand il écrit en joual québécois, tout est un vrai régal. On en redemande à chaque fois.
Grand spécialiste des métaphores, en voici une qui m’a fait beaucoup sourire.
Je cite :
« Mathieu, qui t’a croisé rue de Rennes il y a quelques mois, m’a confié que notre grand psychanalyste commençait à faire de la brioche. Sérieusement. Que ses joues, déjà généreuses, avaient presque gagné le col de la chemise et, passe cette fin de phrase si tu veux, tremblaient comme de la gelée de pommes…… »
Donc si parmi vous qui me lisez, il y en a qui ne connaissent pas encore Michel Tremblay, alors découvrez-le et vous ne serez jamais déçu avec lui.
Voir mes autres critiques le concernant.
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27.09.2005
Maryse - Francine Noël
Bibliothèque Québécoise 518 pages
Résumé :
Montréal, Novembre 1968. Maryse, d’origine modeste, commence ses études universitaires. Elle partage un appartement avec François Ladouceur qui est secrètement amoureux d’elle, mais ne rêve que de Michel Paradis, un camarade de classe.
Mon avis :
J’ai beaucoup aimé me retrouver en 1968, car cela m’a fait revivre cette époque avec nostalgie. Cette époque où certains se croyaient les plus forts, ne doutant jamais à propos de leurs idées, les défendant avec force et courage. Epoque où l’on militait avec assiduité, c’était aussi l’époque des poètes, des chanteurs, des joints, des hippies, des bavardages à n’en plus finir, des réunions, des syndicats, des cheveux longs, des bandes, des surprises-parties, époque où les jeunes se sont réveillés, se sont démarqués, époque de toutes les libertés et revendications.
Enfin, c’est une époque-charnière du siècle dernier concernant la condition de la femme.Dans ce livre, nous suivons pas à pas la vie de Maryse depuis 1968 à 1975. On peut la suivre au quotidien, dans ses études, dans sa vie privée. Elle nous fait revivre son enfance douloureuse, ses joies et ses peines. J’ai ressenti beaucoup de compassion pour elle et je m’y suis attachée ainsi qu’à ses amis.
Cependant, petit bémol pour les mots en « joual montréalais » que je n’ai pas compris. Un lexique à la fin m’aurait beaucoup aidée. Le côté politique du début m’a aussi un peu gênée, n’étant pas très au courant de ce qui s’est vraiment passé au Québec à cette époque. Enfin, les personnages qui parlaient aux esprits mauvais qui descendaient du ciel m’ont semblé un peu farfelus.
Mis à part cela, j’ai beaucoup aimé ce journal tenu par Maryse et je lirai la suite avec joie.
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26.07.2005
L'enfant migrateur - Aude
Romanichels Poche 124 pages
Résumé :
Une mère est enceinte de jumeaux. Le premier, que l'on avait d'abord cru en danger, se met à grossir, aux dépens de son frère, que l'on pense mort. La mère doit vivre avec le terrible sentiment que son ventre est "le tombeau d'un enfant et l'antre de l'ogre qui l'a dévoré".
Mais voilà que les enfants naissent, vivants tous les deux. Bien sûr, l'un, Hans, est plus gros, plus "vivant" que l'autre, "le Petit".
Peu à peu, les enfants grandissent, établissant entre eux des relations extraordinaires, élevant une barrière entre eux et le monde...
Mon avis :
Tout petit livre, mais oh combien riche de par son contenu. Beaucoup d'émotions.
Le livre terminé, je suis encore sous le charme de toute cette poésie.
Superbe. Aude a une façon de traiter de la gémellité qui m'a enchantée et fascinée. Elle va à l'essentiel. Tout est dit en peu de pages. Chaque mot est bien pensé, pesé et rien est laissé au hasard. Le tout m'a bouleversée et touchée au plus profond de moi. J'ai vécu tour à tour, tout ce que ressentait Hans par rapport à sa dépendance de son frère Le Petit, ce que vivait Alexandra pour qui le rôle de l'aînée n'a pas été facile. Et le petit, que ressentait-il, lui ? On ne peut que le deviner en faisant marcher notre imagination. Elle traite avec justesse de la fusion des jumeaux, de leur amour, et de leur complicité mais aussi de leur souffrance.
Et j'ai bien l'intention de me procurer d'autres livres de cet auteur.
Ce sera mon coup de coeur de l'année, c'est certain.

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Wasurenagusa - Aki Shimazaki
Leméac Actes Sud 123 pages
Résumé :
Je réfléchis à l'histoire de mes parents, que le bonze m'a racontée. Au début, j'ai été choqué, mais, à mesure que j'y pense, j'ai le sentiment qu'ils étaient simplement les victimes d'une tradition familiale. Pour mon père, ce fut une humiliation de se savoir stérile. Et pour ma mère, ce fut une catastrophe de ne pas pouvoir tomber enceinte et d'être jugée stérile à la place de mon père.
Mon avis :
Une pure merveille. Jolie découverte. Je l'ai lu quasiment d'une traite. On se laisse porter par les mots. Magnifique. Que de poésie et pourtant une écriture simple mais qui ne vous lâche pas.

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L'homme qui entendait siffler une bouilloire - Michel Tremblay
Actes Sud 182 pages
Résumé :
Simon Jodoin voit sa vie transformée par l'apparition soudaine d'un bruit persistant dans son oreille gauche. Il consulte le médecin et apprend qu'une tumeur bénigne a pris forme à l'intérieur de son conduit auditif. Dans ce court roman largement autobiographique, Michel Tremblay nous emmène au coeur de l'émotion qui l'a envahi avant et après une opération subie en 1998.
Mon avis :
Petit livre qui se lit très facilement. Sujet dramatique et pourtant j'ai souri à plusieurs reprises, tellement la situation est cocasse. Mais quand on sait que ç'est la sienne de situation, ça n'a pas dû être drôle pour lui tous les jours. En tout cas plus je lis ses livres, plus j'aime sa façon d'écrire.
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Chat sauvage - Jacques Poulin
Actes Sud 188 pages
Résumé:
Neuvième roman de l'auteur. Egal à lui-même et fidèle à son univers, l'auteur fait revivre un autre personnage au coeur en bandoulière, un écrivain public, spécialisé dans la lettre d'amour dont la vie paisible avec une psychologue peu orthodoxe sera bouleversée par la rencontre d'une jeune sans-abri. L'écriture est sobre et juste, le ton nostalgique et finement allusif. Par plusieurs aspects, l'oeuvre se présente comme une série de variations qui prolongent l'atmosphère du Vieux chagrin et de La tournée d'automne. -- Services Documentaires Multimédia
Mon avis:
Plus je lis cet auteur plus je l'aime. Non seulement on voyage de par sa filature mais j'ai trouvé certains passages très drôles. Le gardien par exemple. J'ai beaucoup apprécié le Vieux. La complicité avec son amie aussi. De plus il cite certains passages de livres, ce qui ne gâche rien. Je ne résiste pas à vous en lire un de Kafka "Lettres à Milena" que j'ai d'ailleurs commandé depuis. "Je suis fatigué, je ne sais et ne désire plus rien que de poser ma tête sur tes genoux et sentir ta main sur ma tête et rester là toute l'éternité". Il nous parle même de John IRVING.
Juste un petit bémol pour la fin où je ne suis pas sûre d'avoir tout saisi. Décidément j'ai vraiment des problèmes avec la fin des films ou des livres. Je me sens frustrée lorsque cela ne finit pas comme j'aimerais.
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Bonbons assortis - Michel Tremblay
Actes Sud 179 pages
Résumé :
La petite enfance de Michel Tremblay contient en germe la sensibilité et l'émotivité si vives de l'œuvre à venir. Quand il ouvre le tiroir de ce paradis perdu, les trésors qu'il y découvre sont plus vivants que jamais, plus savoureux parce que plus de cinquante ans ont passé, qui les ont affinés en vibrants récits. C'était l'époque où la magie du père Noël opérait encore et où les gentils mensonges des adultes tenaient lieu de vérités : ceux de son frère Jacques et de sa marraine Robertine, ceux de son oncle Josaphat et de sa grand-mère Tremblay, mais surtout ceux de sa mère Nana, qui mêle bonne et mauvaise foi avec un égal bonheur et dont le rire sonore fuse à travers tout l'univers de l'écrivain.
Mon avis :
C'est un vrai petit bijou. Petit livre très court mais plein de poésie et très drôle. J'avais vraiment l'impression en le lisant que je me trouvais en face de Québécois. De part l'écrit québécois. De courts petits récits qui se lisent avec délice. Un vrai ravissement. J'ai adoré. Plus je lis des livres d'auteurs québécois plus j'ai envie d'aller au Québec.

20:25 Publié dans Littérature québécoise et canadienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Tournée d'automne - Jacques Poulin
Libris 216 pages Résumé :
- Je m'appelle Marie, dit-elle. Il toussa pour s'éclaircir la voix.- Moi, les gens m'appellent le Chauffeur. J'ai un camion avec des livres... un bibliobus. Mon travail consiste à prêter des livres.- Vous faites des tournées ?. - Oui. Je visite les petits villages entre Québec et la côte nord. C'est un grand territoire... Je fais la tournée au printemps, une durant l'été et une à l'automne. Il eut du mal à prononcer le dernier mot et son visage s'assombrit. La femme le regarda plus attentivement. Il détourna la tête, se mit à contempler l'horizon brumeux. Ils restèrent silencieux, côte à côte ; ils avaient la même taille, les mêmes cheveux gris.
Mon avis :
Un merveilleux roman plein de fraîcheur et qui se lit facilement.
Ces deux personnes qui se rencontrent à un certain âge et qui vont partager un moment de leur vie, j'ai trouvé très beau. Cela est écrit avec plein de douceur et de pudeur. En plus on découvre au fil de la lecture plein d'auteurs cités et on voyage à travers le Québec. Cela donne envie de découvrir ce pays et cet auteur.
Je relirai certainement plusieurs romans de Jacques Poulin.

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Est-ce-que je te dérange - Anne Hébert
Broché 137 pages
Résumé :
Delphine est morte. Edouard, chez qui elle est comme tombée par hasard, se reconnaît « homme sans grâce et peu sociable ». Il attend le médecin. « Je suis forcé de la veiller un bon moment, pareille à une morte chère à mon coeur. » Forcé et chère. Les deux mots annoncent la suite et une construction romanesque aussi habile qu'efficace. Les souvenirs d'Edouard et les monologues de Delphine sont les thèmes d'une fugue au sens musical. Puis prennent place dans la partition Stéphane, qui, en compagnie d'Edouard, trouva cette fille dans « une immobilité de pierre », Patrick, l'Arlésienne du roman qui en éclaire les coins d'ombre, et d'autres personnages épisodiques mais essentiels.
Delphine, « offusquée d'être au monde », vient, disparaît, revient, incessante fugue au sens de fuite. L'amour en est la cause, mais aussi un héritage, mais aussi l'enfant dont elle est enceinte, à moins qu'elle ne le soit pas, à moins que toutes ces causes soient autant de rêve que de réalité. Il s'agirait donc d'un roman poétique, onirique. Mais Anne Hébert surprend et séduit par le mélange des genres. Poésie de ses images, authenticité du ton de son vocabulaire, et angoissante réalité de son histoire. Nos rues ne manquent pas de Delphine, leur hantise du lendemain, leur tentation de l'impossible, la crainte de l'étrange qu'elles suscitent. Empreint de douceur et de mansuétude, ce récit, fort paradoxe littéraire, est des plus violents qu'on puisse lire sur la condition des êtres à la dérive, accrochés à un espoir qui n'est plus que leur imagination.
Mon avis:
C'est un livre que j'ai trouvé très étrange autant par son contenu que par la façon dont il est écrit. Il me reste une sensation bizarre après avoir refermé le livre.
C'est un tout petit livre qui se lit en deux heures et si l'on peut, je dirais que c'est bien de le lire d'une traite pour ne pas sortir de cette étrange et bizarre sensation. C'est ce qui fait tout le charme de ce livre.
J'ai beaucoup aimé et là aussi, je viens de découvrir un auteur que je relirai dans d'autres oeuvres.
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Un après-midi de septembre - Gilles Archambault
Résumé :
La mort de sa mère amène l'auteur à croquer, dans une suite de courts textes, l'amour qu'il lui avait voué dans son enfance, la distance survenue avec l'âge, le drame de la vieillesse, le remords des paroles tues et des gestes retenus, la nostalgie des moments enfuis. Rien de bien original s'il n'y avait la qualité de l'attention, un regard pudique, épris de vérité, qui ne se paie pas de mots. Mais on se prend parfois à souhaiter que l'auteur aille plus loin, qu'il approfondisse son propos, qu'il déchire le tissu des apparences. -- Services Documentaires Multimédia
Mon avis :
C'est un récit plein de pudeur, vrai. L'auteur analyse sa vie et les relations avec sa mère avec lucidité et recul. Il se met à nu et cela vient du fond du coeur. Il sait trouver les mots justes. Il raconte des morceaux de sa vie, pris par-ci par-là, se dévoilant avec émotion, générosité.
Je le trouve parfois dur avec sa mère, et pourtant en y réfléchissant bien, je suis pareille avec la mienne. Ce qui est important à leurs yeux, ne l'est pas nécessairement chez nous, et vice-versa. Et malheureusement, il faut que la mort survienne pour que l'on se rende compte de ce que l'on a perdu. Chacun pourra à un moment ou à un autre se reconnaître.
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