21.03.2007
Les Bonnes Intentions - Agnès Desarthe
Editions Points 138 pages
Résumé :
Sonia emménage, avec son mari, dans un appartement sur un grand boulevard parisien. Un premier enfant, un second, la vie est belle. Ou pourrait l'être. Car un vieil homme meurt de faim sur le même palier. Comment est-ce possible ? Et que faire ? Armée de sa candeur et de sa générosité, Sonia fait face. Mais les bonnes intentions ont parfois des effets pervers...
Mon avis :
J’ai beaucoup aimé le style d’Agnès Desarthe. Son livre est plein d’humour et de fraîcheur.
Des situations cocasses dans lesquelles je ne voudrais pas me trouver, mais qui m’ont franchement fait sourire et une Sonia au comportement désarmant, mais charmante et attachante.
Livre simple, facile à lire avec lequel on passe un bon moment sans se poser de questions, ni se prendre la tête. Juste ce qu’il me fallait en ce moment.
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07.03.2007
La Café de l’Excelsior - Philippe Claudel
Editions Livre de poche 84 pages
Résumé :
L’histoire d'un grand-père et de son bistrot raconté par un enfant de 10 ans. Je n’en dirais pas plus, il faut le lire.
Mon avis :
Troisième livre de Philippe Claudel, troisième coup de cœur. Décidément sa plume me convient très bien et je l’adopte.
84 pages d’émotions. Un pur délice. Le ton est juste, les mots percutants résonnent avec force dans notre tête et nous vont droit au cœur.
L’enfant nous raconte le quotidien des 3 ans passés avec ce grand-père au milieu de ce bistrot et de ses clients avec tellement d'émotion et de beauté que cela devient un pur chef-d'œuvre. Le pendant et l’après bistrot nous sont décrits en peu de pages mais le tout est tellement intense que j'ai eu le temps de verser à nouveau une larme.
Je ne peux pas en dire plus, sinon je dévoilerais l’histoire et cela enlèverait tout le charme et la surprise.
Je vous cite un passage :
« Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords quand, nous avons atteint l’âge du regret et celui des retours. Les visages et les gestes que nous traquons dans l’ombre des puits de nos mémoires, les rires, les bouquets, les caresses, les silences boudeurs, les taloches aimantes, l’amour et le don de ceux qui nous mènent au seuil de la vie creusent notre souffrance autant qu’ils nous apaisent.
Nous vivons parmi de grands pans de lumière hachés de noir fracas. Il faut nous en convaincre. »
18:15 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
22.02.2007
Juke-Box - Jean-Philippe Blondel
Editions Pocket 211 pages
Résumé :
J'ai encore rêvé d'elle, La Bombe humaine, Week-End à Rome... Comme ces couples qui parlent de " leur chanson ", Yoann pourrait dire de tous ces tubes qu'ils sont les siens. Ce ne sont pas forcément ses préférés, mais à quarante ans ces airs émergent de sa vie accidentée comme autant de notes échouées. L'enfance, les tourments de l'adolescence, les premières amours, et puis le deuil, imprévu, violent, tragique. Une existence à reconstruire avant même d'avoir commencé. Pendant des années, Yoann va chercher l'apaisement qui lui permettra enfin de réécouter le disque de sa vie.
Mon avis :
J'ai pris le temps de déguster ce livre, tellement je l’ai trouvé fabuleux.
Une fois de plus Jean-Philippe Blondel m’a émue, touchée au plus profond de moi et c’est un gros coup de cœur. A chaque chanson j’avais moi aussi, comme Yoann, un souvenir précis qui me venait à l’esprit. On sent que chaque chanson a été minutieusement choisie et est en rapport étroit avec le contenu du chapitre.
J’ai été touchée par l’enfance de Yoann, chamboulée par le passage de l’ado à l’homme avec son mal-être et la recherche de son identité. J’ai beaucoup souri lors des accouchements et surtout pour l’après qui m’ont rappelé des souvenirs. Enorme émotion lorsque Yoann trouve la lettre de Daniel écrite en 1971 et enfin le dernier chapitre qui m’a bouleversée avec le passage des trois cahiers. Les deux dernières pages m’ont ………je n’ai pas de mot.
J’ai vécu à travers ce livre, 40 ans de la vie de Yoann et par la même occasion 40 ans de la mienne car ce livre immanquablement nous ramène à notre propre histoire et fait de nous un lecteur actif et non le lecteur passif que nous sommes habituellement.
Je trouve l’idée du roman originale et excellente, et je retrouve le style toujours aussi parfait, juste de Jean-Philippe Blondel. Beaucoup d’humour, de tendresse, de drôlerie, de gaieté, de mélancolie, de tristesse, plein de fraîcheur ressortent de ce livre, ce qui nous fait chaud au cœur.
Jean-Philippe Blondel fait partie des auteurs incontournables qu’il faut lire, découvrir et vous verrez, on en redemande.
Je n’ai pas lu ses livres dans l’ordre de parution, mais on peut remarquer qu’entre le premier et le dernier, il n’y pas une grande différence de style.
Au premier roman c’était déjà le grand écrivain de sa génération qu’il est aujourd’hui, et qui de plus marque, ce qui fait que l’on ne peut pas l’oublier. Et je guette avec impatience la sortie d’un nouveau roman.
Voir aussi les critiques de Laurence et de Douja sur biblioblog.
Je vous cite un passage qui m’a particulièrement touchée :
« A ceux qui m’ont aimé - à ceux qui m’aiment encore - à ceux qui sont une partie de ma vie et à qui je ne réussis pas à le faire comprendre. A cette enseignante d’espagnol qui ne saura jamais à quel point le geste qu’elle a pour remonter une mèche, le matin, à quel point ce geste me transperce. A cette femme qui regarde les enfants des autres grandir sans montrer la détresse qu’elle ressent. A cette bibliothécaire dont les yeux traversent et radiographient. A cet élève qui voudrait parler mais qui ne parvient qu’à enfoncer son bonnet noir sur sa tête. A ce garçon qui téléphone et qui assure que tout va bien, toujours, alors que se craquellent les fondements de son existence. A tous mes doutes, à tous les vôtres, à toutes les voies qui auraient pu être les nôtres et que nous n’avons pas parcourues. A toutes celles que nous avons trouvées. »
En tout cas Monsieur Blondel, puisque je sais que vous nous lisez, je vous dis merci pour tous les bons moments de lecture que vous me faites passer et que vous allez immanquablement encore me faire passer.
09:25 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
15.02.2007
Se résoudre aux adieux - Philippe Besson
Editions Julliard 188 pages
Résumé :
Lorsque l’homme qu’elle aime la quitte pour une autre femme, Louise décide de fuir Paris. Mais ni le voyage ni l’exotisme de Cuba ne suffisent à dissiper son chagrin, à détourner ses pensées de son amant. Afin de garder un contact avec lui, aussi dérisoire et masochiste soit-il, Louise décide alors de lui écrire une série de lettres, comme on lance des bouteilles à la mer.
Depuis La Havane, New York, Venise, l’Orient Express et même Paris où s’achève son exil, naît une correspondance à une voix, implacablement honnête et poignante. S’y succèdent souvenirs des temps heureux, prémisses de la rupture, déchirement de l’abandon, désespoir de la solitude. Bientôt, l’évidence s’impose à Louise : la véritable destinataire de ces lettres n’est autre qu’elle-même. Tout au long de ce processus, se dessine alors la possibilité d’une guérison…
Mon avis :
Philippe Besson représente pour moi au masculin ce que représente Laurence Tardieu au féminin.
C’est pas peu dire. C’est à dire il représente tout ce que j'attends d'un écrivain; émotions, suspense, sensibilité, profondeur, questionnements, larmes, joie etc…la vie tout simplement. C’est pourquoi il fait partie de mes auteurs favoris.
J’achète ses livres les yeux fermés sachant qu’à chaque fois, il va taper dans le mille. Et c’est fait. Encore un coup de cœur.
Quand je commence un roman de lui, je n’arrête pas tant que je ne l’ai pas fini.
Encore une fois, je suis émue et je me demande comment il arrive à se mettre dans la peau d’une femme à ce point-là.
C’est le sixième livre que je lis de Philippe Besson et à chaque fois je pense : quel est son secret pour décrire aussi bien l’intimité de ses personnages, aller aussi loin dans le ressenti et au plus profond d’eux, de leur âme ? Percer ce qui n’est pas percevable.
J’ai pu le voir dernièrement dans une émission à la TV et il parlait de son roman comme s’il était lui-même Louise, et c’était très touchant, impressionnant et bouleversant. J’étais déjà dans le livre sans l’avoir ouvert.
Encore une autre question que je me pose, est celle-ci, comment ressort-on d’un roman aussi intimiste ?
Cette femme aurait pu être vous, moi sûrement.
Pour l’avoir expérimenté je puis vous assurer que c’est vrai, que d’écrire des lettres peut sauver de la folie ou de la dépression, même si elles ne sont jamais envoyées.
Louise tente d’oublier l’homme qui vient de la quitter en lui écrivant. Que de souffrance ressort de ses lettres. J’ai mal avec elle, et pourtant lors de sa dernière lettre je me réjouis pour elle. Car à travers tout ce parcours de deuil qu’elle entreprend au travers de ses lettres la dernière est la bonne, elle a enfin tourné la page et comme elle le dit elle-même elle a passé à autre chose.
Je n’ose même plus parler du style de Philippe Besson qui envoûte, qui sensibilise, qui nous happe, et qui fait de nous qu’un (e) avec lui et ses personnages.
Je vous cite un passage :
« Je vais te parler de lui, et après ce sera fini. Je te le dois, me semble-t-il. Tu prétendais que je ne te dois rien mais, en réalité, c’est comme une dette à régler, ou un compte à solder. Après, nous serons quittes. »
Voilà, je n’ai rien à rajouter si ce n’est que vous inciter à lire Philippe Besson, un des plus grands de sa génération pour moi bien entendu.
Voici l’avis d'Aurore
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00:35 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
11.02.2007
Puisque rien ne dure - Laurence Tardieu
Editions Stock 128 pages
Résumé :
" Je meurs voilà ce qu'elle m'écrit Vincent je meurs viens me voir viens me revoir une dernière fois que je te voie que je te touche que je t'entende viens me revoir Vincent je meurs. Et au bas de la feuille, en tout petit, presque illisible, son prénom, Geneviève, tracé lui aussi au crayon à papier, comme le reste de la lettre, de la même écriture tremblante, défaillante, si ce n'avait pas été ces mots-là on aurait pu croire à l'écriture d'un enfant, on aurait pu sourire, froisser la feuille, la jeter à la poubelle et l'oublier; mais non, ce n'est pas un enfant, c'est Geneviève qui meurt. "
Mon avis :
Laurence Tardieu est l’auteur qui m’a le plus marquée, suivie de Véronique Olmi et Brigitte Giraud. Ce sont elles qui de par leurs romans m’ont incitée à changer mon genre de lecture et qui m’ont permis de découvrir la génération des jeunes auteurs, de les apprécier et d’en redemander. J’ai lu et reçu ses livres comme un vrai coup de poignard tellement les émotions sont fortes et ceci à chaque fois.
Bien sûr ce fut un véritable coup de cœur à chaque lecture et celle-là n'échappe pas à la règle. J’ai attendu ce troisième roman avec une telle impatience que cela fait des mois c’est à dire depuis son dernier livre, que je veille à la parution d’un nouveau chef-d’œuvre. Ceci est fait et c’est à ma grande joie. Je me souviens qu’à l’époque j’ai même cherché comment la joindre pour lui dire combien je l’admirais, et la remercier de nous faire partager son talent mais je n’ai rien trouvé. C’est un écrivain tellement discret que l’on ne sait rien sur elle ou si peu.
Troisième livre, et trois fois la même impression.
J’ouvre le livre, commence à lire et je lis d’une traite jusqu’au dernier mot, prenant à peine le temps de respirer tellement je ne fais qu’une avec l’héroïne, l’osmose totale.
Laurence Tardieu est le seul écrivain féminin qui me prend comme ça aux tripes à ce point-là, et je sais que je vais rester des jours durant à repenser à ce roman avant d’arriver à m’en détacher.
Ici encore, elle a su raconter avec pudeur, en trouvant les mots justes, percutants, un drame de la vie. Mais avec ses propres mots, son style si profond et poignant, ce qui devrait être dramatique devient tellement beau qu’à chaque fois j’en reste pantoise.
Je vous cite un passage :
« Pourquoi faudrait-il ne retenir de la vie que sa part de lumière ? C’est l’ombre qui donne à la lumière sa splendeur. Cela peut paraître effroyable de dire ça, mais, tu sais, si nous n’avions pas perdu Clara, je n’aurais pas su la valeur de l’instant, la valeur de la terre, des petites choses, la valeur de toi avec moi quelques heures cette nuit. »
A lire absolument et à découvrir sans tarder cet auteur si talentueux. (Je ne sais pas comment on met au féminin puisqu'auteur et écrivain sont masculins excusez-moi.)
Merci Laurence Tardieu
23:30 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
09.02.2007
Le livre de ma mère - Albert Cohen
Editions Folio 175 pages
Résumé :
Ce livre bouleversant qu'après un long silence nous offre l'auteur de Solal et de Mangeclous est l'évocation d'une femme à la fois " quotidienne " et sublime, une mère, aujourd'hui morte, qui n'a vécu que pour son fils et par son fils. Ce livre d'un fils est aussi le livre de tous les fils. Chacun de nous y reconnaîtra sa propre mère, sainte sentinelle, courage et bonté, chaleur et regard d'amour. Et tout fils pleurant sa mère disparue y retrouvera les reproches qu'il s'adresse à lui-même lorsqu'il pense à telle circonstance où il s'est montré ingrat, indifférent ou incompréhensif. Regrets ou remords toujours tardifs. " Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s'impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis. "
Mon avis :
Ce livre ne se lit pas comme un roman mais plutôt comme un témoignage sur sa mère en nous racontant ses souvenirs d'enfance. Beau, très beau.
07:55 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
01.02.2007
Accès direct à la plage de Jean-Philippe Blondel
Résumé :
Ce roman prend racine aux quatre coins des côtes françaises. De Capbreton dans les Landes, en 1972, à Arromanches - Calvados - en 2002, en passant par Hyères et Perros-Guirec. Rien ne relierait ses personnages s'ils n'avaient le goût des locations à la mer. Ils se sont croisés dans l'épice particulière des soirs d'été. Les couples, les familles, les célibataires qui nous ont précédés. Ceux d'avant. Ainsi, le lecteur, avec Jean-Philippe Blondel, éprouve-t-il lui aussi le sentiment d'être à la suite de quelqu'un. Il reste une empreinte qui s'attarde. Ici, il y a eu des envies, et puis des bonheurs étrangers, tellement visibles qu'ils ressemblent aux nôtres.
Mon avis :
D’abord je dois dire que j’ai une grande admiration et un grand respect pour Jean-Philippe Blondel qui prend le temps de venir lire les critiques que l’on met sur nos blogs concernant ses livres, et qui nous glisse toujours un mot gentil au bon moment et ceci en toute discrétion comme ses livres. Merci à vous Jean-Philippe Blondel. Vous donnez un sens à nos blogs, et rien que pour cela, ça vaut la peine de poser nos critiques de livres.
Il fait partie de mes cinq auteurs masculins préférés avec Philippe Besson, Olivier Adam, Philippe Claudel et Arnaud Cathrine que j’aimerais connaître dans la vie, tellement ce sont des hommes qui m’intriguent. Ce qui a peu de chance d’arriver car je n’habite pas la France. Voilà, c’est dit, je tenais à le faire.
En ce qui concerne son roman, j’ai déjà lu le dernier et j’ai poursuivi avec le premier. Mais peu importe l'ordre dans lequel on le lit. Le style est toujours le même, toujours aussi sensible et humain, il est très proche de ses personnages, donc de nous tous. On peut déjà remarquer son talent indiscutable d’écrivain. Jean-Philippe Blondel pour son premier roman a choisi de nous décrire des portraits de gens à une décennie de différence, à des moments précis de leur vie. Ce qui les relient. Ce sont des moments passés au bord de la mer, dans différents coins de la France, qui en temps normal n’auraient jamais dû s’y trouver et cela se passe en période d’été. Des personnages qui vont se croiser par hasard et qui nous parlent de leur existence. Le tout est écrit à la première personne ce qui rend les personnages encore plus proches de nous. Personnellement j’ai beaucoup aimé henri cami et michel avril. En tout cas l’idée est originale, c’est le moins que l’on puisse dire.
Alors pour ceux qui ne connaissent pas encore Jean-Philippe Blondel, à lire de toute urgence et à vous Jean-Philippe Blondel merci de tout cœur de nous faire partager votre talent d'écrivain.
22:15 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
22.01.2007
Les traces - Delphine Coulin
Editions Poche 253 pages
Résumé :
Claire approche de la quarantaine, elle est " dame de compagnie ", pour égayer sa vie au bord de la mer, elle va se mettre à vivre par procuration, à puiser dans le passé des vieilles personnes dont elle s'occupe, dans leurs souvenirs, leurs photos, leurs bijoux, afin de se fabriquer, au fil de ses découvertes, une nouvelle identité, s'inventer des émotions, devenir une autre personne... au risque de se perdre. Un magnifique premier roman, parcouru par l'obsession de l'effacement et du temps qui passe.
Mon avis :
Je ne peux malheureusement pas être très objective par rapport à ce livre, car auxiliaire de vie est le métier que j’ai pratiqué pendant plusieurs années.
Ce livre me touche particulièrement car il fait remonter en moi beaucoup de souvenirs et une immense nostalgie.
Le monde des personnes âgées est particulier et surtout à domicile car on rentre vraiment dans l’intimité des gens. Elles nous apportent énormément de par leurs expériences, leur vécu, leur histoire et de par tout ce qu’elles nous confient à nous étrangères et qu’elles n’osent ou ne peuvent pas dire à leurs proches. Au même titre que nous, puisque nous sommes souvent le seul lien qu’elles ont avec l'extérieur car pour la plupart d’entre elles, elles ne peuvent plus sortir.
On assiste à leur déchéance et à leur diminution physique ou psychique avec une telle impuissance que l’on ne peut pas rester insensible.
Elles aussi se rendent souvent compte de tout ça, d’où par moments leur agressivité souvent plus tournée contre elles-mêmes que contre nous.
Inutile de vous dire que j’ai détesté le personnage de Claire car pour moi elle représente tout ce qui est interdit dans notre métier, et je n’ai pas su rester neutre entre le roman et la réalité. Elle vit par procuration, elle chaparde, fouille, et joue avec les vies de ces personnes. Elle ne m’a pas émue une seconde.
Les personnes âgées, oui. Elles m’ont rappelé de bons et moins bons souvenirs.
Néanmoins, Delphine Coulin a su parfaitement raconter ce qu’est ce métier au quotidien avec ses joies et ses peines. Son style est parfaitement maîtrisé, les mots justes et je pense qu’elle s’est parfaitement documentée auprès de personnes compétentes pour écrire son roman. Le livre se lit facilement et on se laisse entraîner dans la vie de Claire malgré nous, avec divers sentiments la concernant. Agacement, compassion, révolte, compréhension, colère.
Premier roman réussi.
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12.01.2007
En l'absence des hommes - Philippe Besson
Editions Pocket 214 pages
Résumé :
Eté 1916, Vincent découvre la passion dans les bras d’Arthur, jeune soldat qui tente d’échapper pour quelques jours à l’horreur des tranchées et, dans le même temps, ébauche une amitié amoureuse avec Marcel Proust…..
C’est le point de départ de ce surprenant roman, le premier écrit par Philippe Besson.
Mon avis :
Il faut que je commence par mettre de l’ordre dans mon esprit, tellement les dernières phrases de ce roman résonnent encore dans ma tête, et bien sûr ce fut un coup de cœur.
C’est le cinquième livre de Philippe Besson que je lis, mais à chaque fois cela me fait le même effet. J'en ressors complètement envoûtée de par le contenu.
Sur un fond de guerre 14/18, une tragique histoire d’amour est racontée avec pudeur, douceur, finesse et dans une écriture fluide et légère qui fait que l’on ne peut qu’aimer Philippe Besson. Personne ne pourrait deviner que c’est son premier roman tellement le style est déjà parfaitement maîtrisé et original.J’ai beaucoup aimé la structure du roman, découpée en trois parties.
La première partie est faite des rencontres journalières entre Vincent et Arthur, et entre Vincent et Marcel. La deuxième est un échange de lettres, partie très forte en émotions, et la troisième partie dont je tairai volontairement le contenu est à la fois, inattendue, surprenante, profonde, sensible, bouleversante et à vous couper le souffle. Magnifique.
Je vous cite un passage d’une lettre :
« Aimer quelqu’un, c’est aussi, c’est d’abord le préserver des coups qui le blesseraient mortellement.
Etre aimé, c’est pouvoir attendre de l’autre qu’il se sauve avant qu’il ne soit trop tard, qu’il sacrifie un bras atteint de la gangrène pour éviter que celle-ci ne se propage et ne l’emporte.
N’écris pas. Si tu n’écris pas, je comprendrai que tu as admis la valeur de mon raisonnement.
Je t’aimerai jusqu’au dernier souffle. »
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28.12.2006
Neige - Maxence Fermine
Résumé :
A la fin du XIXe siècle, au Japon, le jeune Yuko s’adonne à l’art difficile du haïku. Afin de parfaire sa maîtrise, il décide de se rendre dans le sud du pays, auprès d’un maître avec lequel il se lie d’emblée, sans qu’on sache lequel des deux apporte le plus à l’autre.
Dans cette relation faite de respect, de silence et de signes, l’image obsédante d’une femme disparue dans les neiges réunira les deux hommes.
Dans une langue concise et blanche, Maxence Fermine cisèle une histoire où la beauté et l’amour ont la fulgurance du haïku. On y trouve aussi le portrait d’un Japon raffiné où, entre violence et douceur, la tradition s’affronte aux forces de la vie.
Mon avis :
J’ai plusieurs livres de Maxence Fermine mais jusqu’à présent je n’avais pas pris le temps de le découvrir.
C’est chose faite, et j’en suis heureuse.
J’ai découvert un auteur plein de poésie et je n’ai pu le comparer qu’à Aki Shimazaki qui lui est encore supérieur, dans la poésie et au point de vue philosophique, mais qui ont beaucoup de similitude malgré tout.
Déjà, je suis très sensible aux couvertures de livres, mais alors celle-là pour moi qui fait de l’aquarelle, c’est le summum.
Mais revenons à Neige. C’est un petit conte initiatique très vite lu, plein de poésie, émouvant par sa simplicité et aussi limpide que la neige. Je suis tombée sous le charme de l'écriture de l’auteur. Beaucoup de fraîcheur mais aussi de chaleur par le choix des mots, beaucoup de beauté, et en lisant sa description de la neige j’avais l’impression de voir un lys blanc. Tout est pur dans ce conte, l‘histoire, les personnages, la neige, l‘amour.
Je vous cite un passage qui m’a beaucoup parlé :
« - Pourquoi ? En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Ecrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier se soie. Ecrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. Ce n’est non plus d’aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d’une virgule, ou que l’obstacle d’un point. Non, le plus difficile, pour le poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à sa hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serais-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe. »
Merci Maxence Fermine d’être devenu funambule pour nous.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore Maxence Fermine à découvrir très vite !
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