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18.06.2006

La fugue - Valérie Sigward

La fugueEditions Julliard 111 pages

Résumé :

« Dans sa chambre, il y avait une étagère spéciale où il rangeait ses robots. Un jour, il me les a tous donnés. Sur les murs, il y avait des posters de Jim Morrison et un de Lara Croft. Il écoutait les Doors, Louise Attaque, Nirvana, et the Wall des Pink Floyd qu'il avait piqué aux parents, il le mettait à fond en faisant ses devoirs. Quand on lui demandait si ça allait, il répondait toujours " très bien ", ce qu'il avait fait de sa journée, il répondait " des trucs ", et si ça marchait à l'école " ouais ". Il ne piquait jamais dans les magasins alors que, pendant un moment, il était copain avec un mec qui n'arrêtait pas. Le dimanche, on allait manger chez mamie et c'était clair que c'était son préféré car elle lui caressait les cheveux tout le temps et qu'il se laissait faire. Avant de sortit avec Marie, il est sorti avec une fille qui s'appelait Annabelle et une autre Sophie. Personne ne comprend pourquoi il s'est jeté d'un pont. » 

Mon avis :

Que d’émotions ressortent de ce roman sans mièvrerie et dont l’histoire est pourtant triste. La fugue d’un adolescent qui n’arrive pas à faire sa place auprès de ses parents après le suicide de son frère. C’est vrai que le suicide chez les ados est un sujet préoccupant de nos jours. Pourtant le roman est très plaisant à lire, avec beaucoup d’humour.

Je ne peux pas m’empêcher de faire des similitudes avec Olivier Adam et «  Ne t’en fais pas, je vais bien . »

Tous les personnages sont touchants, attachants, sensibles. Cela fait du bien.

C’est le 2e livre que je lis de Valérie Sigward et j’adore son style, clair, aéré, précis et plein d’humour.

Je pense lire d’autres romans de cet auteur !

Août - Sophie Lasserre

AoûtEditions L’Arpenteur 88 pages

Résumé :

«  - Les couples. Les couples et tous les ennuis qui vont avec. Quand tu es mariée et que tu as des enfants, tu ne peux plus partir. Il faut supporter. Rester. Tu sais le pire ? C'est de ne jamais pouvoir partir, de ne jamais pouvoir franchir le seuil de cette porte, de cette maison. C'est ça le couple, une impossibilité à être, tout simplement, à vivre. - Je ne sais pas. C'est terrible ce que tu dis... - Il faut rester. Et vivre avec l'habitude. Ce n'est pas bien l'habitude, c'est ce qui détruit. Ça détruit tout. Et ça amène l'ennui. Le pire c'est l'ennui de l'autre. Mais ça, on ne peut rien y faire. C'est toujours comme ça. L'ennui vient toujours et c'est inévitable, on ne peut rien contre. »

Mon avis :

La dernière phrase lue je me trouve aussi mal que Charlotte, l’héroïne.

J’étouffe. L’atmosphère y est lourde, pesante, angoissante.

Heureusement le livre est court mais très prenant.

Sophie Lasserre, dans un style dépouillé de tout artifice mais dense et riche, nous entraîne pour partager le lourd secret qui pèse entre les époux. Le non-dit est présent du début à la fin. Je trouve que le mal-être de Charlotte est communicatif, et on en ressort oppressée comme elle.

Très beau premier roman !

 

Auteur à suivre !

Équinoxe - Arnauld Pontier

Equinoxe

Editions Actes Sud 121 pages

Résumé :

Du haut de la fenêtre de son quatrième étage, Carine regarde les gens passer, traverser ce monde des vivants dont elle est exclue depuis l'accident qui l'a privée de l'usage de ses jambes et de la parole. Elle habite seule avec sa mère, toute de servilité et de culpabilité, qui lui demande quotidiennement si elle a besoin de quelque chose. Mais Carine n'a plus besoin de rien. Ce qui la ronge tout entière, c'est le désir, l'envie qu'un homme la prenne dans ses bras et lui rappelle tendrement, sauvagement, ardemment, qu'elle est une femme de chair vivante même si son corps est condamné à l'inertie et au silence. La relation qui s'ébauche à distance d'abord, avec l'homme d'en face provoque l'irruption du dehors et de l'autre dans le monde clos de l'appartement. Equinoxe est la poignante histoire d'un individu qui tente de se reconstruire par la transgression par le fantasme, par la reconnaissance et la revendication progressives de ses besoins vitaux, de son droit inaliénable à l'espoir. Bien loin de tout discours conformiste ou rassurant, voici un très beau livre sur le handicap et la vie, sur l'orgueil et le dégoût de soi, sur l'imaginaire et la réappropriation du réel, sur le désir qui mutile ou libère.

Mon avis :

Je referme le livre et plusieurs mots me viennent à l’esprit : haine, révolte, non-acceptation ainsi que notre impuissance face au handicap.

Comment accepter un corps qui est mort, dont on ne ressent rien ? Voici tout le sujet du livre.

Et nous personnes valides, comment assouvir leurs désirs et leurs fantasmes, être à leur écoute, les considérer comme des personnes à part entière sans qu’aucun mot ne les blesse ou ne leur rappelle le fardeau quotidien qu’est leur handicap ?

Dur challenge !!!

Roman fort, très fort, et qui me parle au plus profond de moi.

Arnauld Pontier a su nous faire partager avec précision et justesse tout ce qui forme les désirs et les fantasmes des personnes privées de leurs jambes ainsi que de leurs sensations et qui pourtant ont des besoins vitaux comme faire l’amour et recevoir de la tendresse au même titre que n’importe lequel d’entre nous.

Très beau roman pour comprendre et apprendre ce qu’est leur vie au quotidien et accepter l’autre même s’il est différent de nous.

06.06.2006

Marie-Antoinette de Sofia Coppola

medium_images 1.jpgActeurs :

Kirsten Dunst, Asia Argento, Jason Schwartzman, Rip Torn, Molly Shannon

Résumé :

Au sortir de l'adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun observe et juge l'autre sans aménité. Mariée à un homme maladroit qui la délaisse, elle est rapidement lassée par les devoirs de représentation qu'on lui impose. Elle s'évade dans l'ivresse de la fête et les plaisirs des sens pour réinventer un monde à elle. Y a-t-il un prix à payer à chercher le bonheur que certains vous refusent.

Mon avis :

Génial. Ce film totalement captivant et touchant nous ébloui. C’est un film brillant où l’on ressent parfaitement ce que Marie-Antoinette a dû subir en tant qu’adolescente en arrivant à la cour française. Je trouve que les faits historiques ont bien été respectés et l’on ressent le désarroi de ce roi Louis XVI qui n’avait que 16 ans et cette ado qui elle avait 15 ans, qui a renoncé à tout de son pays et de sa famille et qui est restée jusqu’au bout par amour pour la France et pour son mari et qui a payé de sa vie en étant guillotinée. Bien sûr elle a sa part de fautes. Mais comment en vouloir face à des jeunes gens confrontés aux problèmes de gouvernement.

Les paysages sont fabuleux, les costumes merveilleux, le château de Versailles nous fait rêver, les décors sont épatants.

Eblouissant, romantique, impressionnant, la musique décalée est parfaitement adaptée aux scènes, et ne choquent en aucun cas. The Cure, Air, The Trokes, Phœnix y ont parfaitement leur place.

 

Fantastique !

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