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29.09.2005

En douce - Karine Reysset

En douce

Editions du Rouergue 120 pages

Résumé :

C'est une fuite. Une fugue en douce. Quand ça ne va pas, il faut partir à la mer, disait Eric. Alors, parce qu'elle se sent vide, sans contours ni contenu, Juliette part sans un mot, avec leur fille Manon. Maintenant elle est là, face à la mer. C'est la fin de l'hiver. La maison est froide et perchée, respire l'enfance et les souvenirs. Les fenêtres s'ouvrent sur la baie, les roches rouges, les calanques, la station déserte. Elle est calme, plus calme qu'elle ne l'aurait cru. Elle ne pense pas à lui. Elle respire. Elle peut laisser venir.

Mon avis :

J’ai été très attendrie par cette Juliette un peu paumée, qui se cherche. On ressent parfaitement son manque d’air. Elle étouffe, elle a besoin d’air, beaucoup d’air pour respirer. Et pour cela elle choisit la mer, loin de son compagnon pour prendre du recul et essayer de faire le point. Elle y fera une rencontre qui sera déterminante pour elle, dans sa décision finale. Elle se raccroche à sa fille comme à une bouée. Pour le moment elle se concentre sur elle pour ne penser à rien. Elle lui donne tout l’amour qu’une mère peut donner à son enfant, même si cet amour est gauche et maladroit.

J’ai beaucoup aimé le style clair, minutieux et détaillé de Karine Reysset. Chaque chose, chaque personne est décrite avec beaucoup de précision. On ressent parfaitement cette ambiance de peur, d’angoisse, de vide. L’odorat et le toucher ont une place importante dans ses descriptions.

Je cite :

« Manon se met à pleurer. Devant la baie illuminée, sa forme parfaite, je la berce, chante une petite comptine que nous avions inventée tous les deux pour l’aider à s’endormir.Je lui embrasse les cheveux, leur parfum de mûre sauvage et de caramel un peu salé (les larmes sans doute) Elle se calme. »

« Dans la voiture, j’ai peur, je claque des dents, c’est incontrôlable. Je m’allonge au fond de la banquette avec Manon dans les bras. Mes larmes coulent sans bruit, mon nez coule, je l’essuie avec ma manche. J’ai mal au ventre, si mal, je vais en mourir. Mais je ne suis pas seule. Je ne suis pas seule. Je ne suis pas seule. »

« Assez avec les souvenirs. Laisse-moi vivre. Savourer chaque seconde, chaque minute, profiter des couleurs, du bruit de la mer, de la présence rassurante des rochers, de cette perfection du tracé, sentir le sable sous la plante des pieds, toucher les galets, la peau de ma fille, sentir sa petite tête dans ma main, respirer son odeur de caramel, l’iode, le romarin, le thym. »

Commentaires

Exactement !!! tout comme moi !!! Quelle belle émotion tu dégages de cette lecture !

J'aime bien quand tu écris : "elle s'accroche à sa fille comme à une bouée" - je m'y retrouve tellement là dedans !

J'aime beaucoup Karine Reysset. Moi aussi.

Ecrit par : Clarabel | 30.09.2005

C'est grâce à toi et à tes conseils de lecture que je l'ai découverte. Merci ;)

Ecrit par : amandine | 30.09.2005

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